Il faut tout un monde pour éduquer le citoyen du village planétaire

Unesco 2780Vendredi 20 mars, nous avons eu le plaisir de participer à la conférence de presse organisée par la délégation ivoirienne auprès l'UNESCO, consacrée à la présentation de l'ouvrage Alphabet de la danse africaine par son auteur, Alphonse Tiérou. En plus de sa prestation aussi brillante, vibrante et passionnée que convaincante, Alphonse Tiérou nous a offert un beau spectacle, la danse de la dation du nom, cérémonie au cours de laquelle est donné son nom à l'enfant. Un enfant talentueux en l'occurrence, puisque son nom est doo-plé.
Nous remercions chaleureusement la délégation pour son accueil, et tout particulièrement SE Denise Houphoüet-Boigny, ainsi que Clément Yao, journaliste, correspondant permanent du journal Fraternité-Matin, Président du Réjaf (Réseau des Journalistes Africains de France).


Article de Afrique Continent
Article de Afrique rédaction

Extraits de l'intervention d'Alphonse Tiérou :

Voir n’est pas comprendre et l’émotion n’est pas démonstration

Laissons à ceux ou celles qui

Par mépris de la recherche scientifique et artistique,

Par ignorance de la richesse technique et artistique des danses d’Afrique,

Ou encore par calculs pour obtenir subventions et honneurs des pays du Nord,

Font croire aux peuples africains que l’avenir de leur création chorégraphique passe

Nécessairement par l’imitation des danses classique, moderne ou contemporaine occidentales,

La responsabilité de leur certitude.

Les Africains n’ont ni la culture chorégraphique ni la culture de la lecture, voire du livre (Ne dit-on pas que "pour cacher une idée à un africain il faut l’écrire"). Bien sûr, il y a des exceptions. Malheureusement, cette assertion se confirme trop souvent. En matière de danse, ce contexte est un terrain fertile pour les charlatans et mystificateurs.

Rappelons que les danses d’Afrique, qualifiées tour à tour

De danses barbares, ethniques, exotiques, primitives, tribales, sauvages,

Ne sont pas reconnues en Occident.

Quand je me présente n’importe où pour

Donner un cours,

Animer un stage,

Présenter une création chorégraphique

Participer à un festival,

Ou encore prendre part à une manifestation de danse et de culture africaines,

Je me réfère uniquement aux GRANDS NOMS africains qui maîtrisent cet art,

Et non aux Stars et grands Maîtres des danses occidentales, pour de raison évidente :

Les Stars et Grands Maîtres de la danse classique, moderne, contemporaine, jazz …

Sont incompétents en matière de danse et de culture africaines.

Les tenants et aboutissants de cette situation alarmante, et des pistes de solutions, sont abordés dans mon dernier livre "Alphabet de la danse africaine".